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Les entreprises familiales au coeur de l’économie tarnaise

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Les entreprises familiales au coeur de l’économie tarnaise

L’entreprise familiale, c’est la complexité de l’entreprise, la complexité de la famille et la complexité de l’imbrication de la famille et de l’entreprise.

Actualite CCI Tarn - Les entreprises familiales au coeur de l’économie tarnaise

 

En France, elles représentent près de 80% des PME et ETI, et un emploi sur deux. 
Les entreprises familiales sont des acteurs clefs de la croissance et de l’emploi. Mieux armées face à la crise, dotées d’une vision à long terme et de valeurs fortes, elles ont de nombreux atouts à faire valoir. Quel est le secret de leur réussite ?

 

 

Interview de M Bruno Amann 

Professeur de Sciences de gestion à l’Université Toulouse 3. Ses recherches portent sur les entreprises familiales et la gouvernance des entreprises.

 

 

Quelle est la définition de l’« entreprise familiale » ?

Il n’y a pas vraiment d’accord sur ce qu’est une entreprise familiale. On peut dire, que c’est « lorsqu’une famille contrôle une entreprise ». Mais que veut dire « contrôle » ? La notion de contrôle est différente selon les lieux, selon les époques, elle est différente également selon ce que l’on met dans le « contrôle ».

 

Est-ce que l’on entend simplement « contrôle du capital » ? Ou bien est ce que l’on met « contrôle du management » ? Est-ce que c’est exclusif  (contrôle du capital ou contrôle du management) ou est-ce que c’est cumulatif ? (contrôle du capital et contrôle du management). Est-ce que par « contrôle », on entend un individu ou bien est-ce qu’il faut attendre pour considérer que c’est une « entreprise familiale », qu’il y ait eu transmission à la deuxième génération ? Mais globalement, on accepte l’idée que lorsqu’une entreprise comporte parmi ses associés les plus importants une famille et qu’elle a parmi ses « top dirigeants » un membre d’une famille, c’est une entreprise familiale.

 

Cela ne permet pas de répondre à toutes les interrogations, mais cela permet de fonctionner. 

 

 

Quels sont les défis auxquels elles doivent faire face ?

Le principal défi, c’est la pérennité. Il y a bien sûr la question de la succession, au sens juridique et fiscal du terme mais il n’y a pas que ça. C’est aussi
la mise en place d’une gouvernance adéquate, la préparation psychologique (de celle ou celui qui transmet et de celle ou celui qui reçoit, de ceux qui sont « écartés »). Il faut se préparer, tôt. 

 

Avec quelques remarques. Plus la taille de l’entreprise est importante, plus, c’est complexe. Plus les générations présentes sont nombreuses, plus
c’est complexe. Multiplions les soeurs et frères, les générations, tout cela devient très complexe. L’entreprise familiale, c’est la complexité de l’entreprise, la complexité de la famille et la complexité de l’imbrication de la famille et de l’entreprise. Par ailleurs, et presque paradoxalement, c’est ce qui fait la réussite de ce type d’entreprise.

 

Le projet de loi PACTE, présenté le 20 juin par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, prévoit de simplifier le dispositif du Pacte  Dutreil.

 

 

Quelles sont les pistes évoquées ?

Le pacte Dutreil a été instauré en 2003. Aujourd’hui, malgré son efficacité, il y a un constat : la mise en oeuvre est complexe et contraignante et elle peut être source d’erreurs parfois coûteuses. En gros, l’objectif des mesures nouvelles est la fin de la déclaration annuelle de conservation des titres et un assouplissement de l’obligation pour les héritiers d’exercer une fonction de dirigeant : la mesure s’oriente vers une obligation de « développement de l’entreprise » et la possibilité de cession partielle des titres dans certains cas.

 

En fait, c’est plus ou moins, une intégration de la notion de gouvernance dans l’avenir de l’entreprise. 

 

 

Quels conseils pour accompagner la nouvelle génération ?

Plus ou moins, cela résulte de ce qui précède. Impliquez-vous ! Le passage de témoin doit être préparé.
Et très largement en amont. Avec celle ou celui qui transmet. Avec la famille, avec aussi bien évidemment les collaborateurs. Ils ne sont pas toujours de la famille, mais ils ont vécu l’aventure. Ils contribuent à l’âme de l’entreprise familiale. Dans les collaborateurs, j’inclus les salariés bien sûr ! Ils sont souvent les piliers de l’entreprise.

 

Le passage de témoin est donc une forme de longue négociation.

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